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Les humains entrainent leur environnement ainsi qu’eux même vers de nouvelles formes d’évolution

13 Fév 2017 | 11 commentaires

Urban_Footprint

La rapidité avec laquelle nos modes de vie moderne et nos systèmes économiques façonnent l’évolution est décrite dans une série d’études scientifiques publiées le mois dernier ainsi que dans une nouvelle recherche menée par Marina Albert et son équipe de l’université de Washington. Elles laissent peu de place au doute quant au fait que les humains sont responsables de l’émergence de nouvelles et très rapides formes d’évolutions.

Image d’entête : La carte de l’empreinte urbaine globale en noir et blanc (Global Urban Footprint – GUF), portrait de la présence humaine sur Terre en 2012. (ESA)

Notre impact sur la planète est tellement profond que certains scientifiques on définit notre ère, comme “l’anthropocène”, du fait que les humains sont devenus la force dominante qui influence la planète, discernable même dans le registre géologique et nous semblons désormais tenir entre nos mains le destin évolutif de millions d’espèces.

L’impact sans précédent qu’ont les humains sur la planète est bien connu, il est mené par la pollution, l’eutrophisation, l’urbanisation, le défrichage, la fragmentation de l’habitat, le changement climatique global, la surpêche / la pêche, l’invasion par des espèces exotiques, la domestication, l’émergence de nouvelles maladies et la disparition des anciennes, pour n’en nommer que quelques-unes. Beaucoup, si ce n’est tous, ont des effets sur le vivant qui nous entoure ainsi que sur notre espèce. Leurs impacts peuvent être mesurés et certains d’entre eux se jouent à l’échelle mondiale, comme le changement climatique anthropique, alors que d’autres sont plus locaux comme la pollution et l’urbanisation croissante.

Titrée de l’introduction des chercheurs qui ont rassemblé toutes les études récentes mettant en évidence l’influence humaine sur leur environnement. Représentation graphique sur la façon dont la dynamique éco-évolutive interagit avec les influences humaines. Sur la droite, les activités humaines qui peuvent avoir des effets écologiques directs sur la population des espèces, la structure de ces communautés et la fonction de ses écosystèmes. Ces effets écologiques directs peuvent influencer les caractères (phénotypes) et les propriétés génétiques (génomes) des espèces, conduisant ainsi à des effets indirects d’évolution par les activités humaines. Celles-ci peuvent également influer directement sur les phénotypes et les génomes des espèces qui peuvent alors influencer la dynamique des populations, la structure de la communauté et la fonction de l’écosystème. Des changements dans l’un ou l’autre de ces paramètres évolutifs ou écologiques peuvent alors avoir des conséquences importantes pour les activités humaines et leurs sociétés. (Andrew P. Hendry/ Philosophical Transactions of the Royal Society B)

éco-évolution

En ne citant que quelques exemples, parmi tous ceux exposés dans les dizaines d’études compilées récemment par Andrew P Hendry (université McGill), Kiyoko M. Gotanda (université de Cambridge) et Erik I. Svensson (université Lund)…

Il ne fait aucun doute pour les biologistes que la pêche commerciale a eu un impact profond sur les espèces de poissons sauvages. En ciblant les grands animaux, comme la pêche commerciale l’a généralement fait, certaines espèces sont devenues plus petites et une proportion croissante atteigne leur maturité à un plus jeune âge et sont ainsi de plus petite taille.

Dans les zones urbaines, où l’impact humain est le plus évident, de nombreuses études ont montré que les plantes et les animaux, natifs et introduits, évoluent en réponse à la transformation humaine de l’environnement.

Parmi les modifications documentées vous avez les changements dans la coloration des plumes chez les populations d’oiseaux vivant dans les zones urbanisées, leur chant auparavant mélodieux qui s’est adapté au bruit environnant, la résistance développée par les poissons évoluant dans les cours d’eau polluée et les mauvaises herbes poussant dans les zones pavées cessant de disperser leurs graines, sans évoquer l’impact de la pollution lumineuse.

Il y a, par exemple, un célèbre cas de ce que l’on appelle le “mélanisme industriel”. Cela a entrainé une baisse spectaculaire du nombre de papillons de couleur claire en Angleterre pendant les années 1800, lorsque l’industrialisation a entrainé des fumées qui ont noirci et dégradé les troncs d’arbres, camouflant les individus de couleur foncée de leurs prédateurs, les oiseaux. Mais quand cette pollution a finalement été nettoyée dans les années 1970, la situation s’est inversée et les papillons de couleur sombre ont commencé à être visible de leur prédateur, changeant leur population en conséquence.

Mais la résistance aux antibiotiques est l’un des exemples les plus évidents que nous ayons de l’évolution en action chez les espèces contemporaines. C’est évidemment aussi de mauvaises nouvelles pour la santé humaine qui est confrontée aux superbactéries (bactéries multi résistantes ) qui sont estimées faire des dizaines de millions de morts par an d’ici 2050.

Ces impacts vont très probablement aussi modifier le cours de notre évolution. Nous évoluons encore après tout, et de façon parfois surprenante. Et ce qui affecte d’autres espèces nous affecte aussi, car nous ne pouvons pas échapper aux profonds changements environnementaux en cours.

Il y a eu un changement majeur dans l’alimentation humaine, y compris une énorme réduction dans la diversité des aliments consommés.

Une transition épidémiologique majeure s’est produite en raison de l’apparition de maladies infectieuses modernes, résultant du surpeuplement et de l’insalubrité, de la manipulation d’animaux domestiques/ d’élevages et d’espèces nuisibles attirées par les structures humaines, modifiant de façon spectaculaire le nombre et les types d’agents pathogènes rencontrés.

Presque tous ces changements se produisent aujourd’hui, et à un rythme beaucoup plus rapide qu’il ne l’a jamais été. Seulement cette fois-ci, nous sommes plus de 7 milliards, nous devenons rapidement une espèce hautement urbanisée et notre impact environnemental est maintenant mondial.

Les signes de ces changements profonds peuvent être observés aujourd’hui dans le génome humain, avec plus de 86% des maladies actuelles ayant une origine génétique  chez les Européens et les Afro-Américains résultant de ces changements. Et nous devons nous rappeler que la plupart des gens dans le monde aujourd’hui ne bénéficient pas des avantages des soins médicaux modernes, ils sont donc soumis à une sélection naturelle plus intense que les gens des nations plus riches.

Le Guru vous le rappel, ce ne sont là que quelques exemples, parmi les nombreux recensés dans les différentes études réunies…

Pour les chercheurs, nous disposons des moyens de constater de ces effets et nous avons la capacité de penser à l’avenir. Il faut s’appuyer sur notre passé collectif, comprendre et planifier la façon dont nos actions actuelles installent une succession d’évènements qui façonneront notre évolution pendant des centaines voire des milliers d’années à venir.

Nous devons exhorter les décideurs politiques à commencer à réfléchir à l’avenir de la santé et du bien-être de l’humain dans un horizon multigénérationnel, et pas seulement au cycle électoral actuel. L’avenir peut bien en dépendre.

Les dizaines d’études recensant les modifications qu’engendrent l’activité humaine compilées par Andrew P Hendry (université McGill), Kiyoko M. Gotanda (université de Cambridge) et Erik I. Svensson (université Lund) publiées dans Philosophical Transactions of the Royal Society B : Human influences on evolution, and the ecological and societal consequences et l’étude de Marina Albert de l’université de Washington publiée dans PNAS : Global urban signatures of phenotypic change in animal and plant populations.

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Des dinosaures produisaient des œufs tout aussi colorés que certains de nos oiseaux

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Il y a quelques pigments qui donnent aux œufs d’oiseaux une couleur bleu-vert, appelés protoporphyrine et biliverdine…

De très grosses grenouilles mangeaient de petits dinosaures

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