Sélectionner une page

Des microorganismes seraient capable de survivre des millions d’années à l’hostilité de l’environnement martien

11 Nov 2017 | 0 commentaires

pia19839-galecrater-main

Mars n’est pas exactement l’endroit idéal pour la vie telle que nous la connaissons. Alors que les températures à l’équateur peuvent atteindre les 35 °C en été à midi, la température moyenne à la surface est de -63 °C et peut descendre à -143 °C pendant l’hiver dans les régions polaires. Sa pression atmosphérique est d’environ un demi-pour cent de celle de la Terre et sa surface est exposée à une quantité considérable de rayonnement.

Image d’entête : un paysage martien obtenu par l’astromobile Curiosity de la NASA à la base du mont Sharp. (NASA/ JPL)

Jusqu’à présent, personne ne savait si des micro-organismes pourraient survivre dans cet environnement hostile. Mais grâce à une nouvelle étude menée par une équipe de chercheurs de l’université d’État Lomonossov de Moscou (LMSU), nous pouvons maintenant poser des limites sur le type de conditions que les micro-organismes peuvent supporter. Cette étude pourrait donc avoir d’importantes implications dans la recherche de la vie ailleurs dans le système solaire et peut-être même au-delà.

Dans le cadre de leur étude, l’équipe de recherche a émis l’hypothèse que les températures et la pression ne seraient les facteurs aggravant, ne posant pas les plus gros problèmes, mais plutôt le rayonnement. À ce titre, ils ont effectué des tests dans lesquelles des communautés microbiennes contenues dans du régolithe martien simulé ont été irradiées. Le régolithe simulé consistait en des roches sédimentaires contenant du pergélisol, qui ont ensuite été soumises à de basses températures et de basses pressions.

Selon Vladimir S. Cheptsov de l’université d’État Lomonossov de Moscou :

Nous avons étudié l’impact conjoint d’un certain nombre de facteurs physiques (rayonnement gamma, basse pression, basse température) sur des communautés microbiennes dans l’ancien pergélisol arctique. Nous avons également étudié un objet naturel unique : l’ancien pergélisol qui n’a pas fondu depuis environ 2 millions d’années. En un mot, nous avons mené une expérience de simulation qui couvrait les conditions de cryoconservation dans le régolithe martien. Il est également important de noter que dans cette recherche, nous étudions l’effet de fortes doses (100 kGy) de rayonnement gamma sur la vitalité des procaryotes, alors que dans les études précédentes, aucun procaryote vivant n’a jamais été trouvé après des doses supérieures à 80 kGy.

Pour simuler les conditions martiennes, l’équipe a utilisé une chambre climatique, permettant de maintenir de basse température et la pression atmosphérique rencontrées sur Mars. Ils ont ensuite exposé les micro-organismes à différents niveaux de rayonnement gamma. Ils ont observé que les communautés microbiennes présentaient une importante résistance face aux températures et à la pression de l’environnement martien simulé. Cependant, après avoir commencé à irradier les microbes, ils ont remarqué plusieurs différences entre l’échantillon irradié et l’échantillon témoin. Alors que le nombre total de cellules procaryotes et le nombre de cellules bactériennes métaboliquement actives sont restés cohérents avec les niveaux témoins, le nombre de bactéries irradiées a diminué de deux ordres de grandeur tandis que le nombre de cellules métaboliquement actives des archées a aussi diminué de trois fois.

L’équipe a également remarqué que dans l’échantillon de pergélisol exposé, il y avait une grande biodiversité de bactéries et qu’elles avaient subi un changement structurel important après avoir été irradiées. Par exemple, les populations d’actinobactéries, comme l’Arthrobacter un genre commun trouvé dans le sol, n’étaient pas présentes dans les échantillons témoins, mais elles devenaient prédominantes dans les communautés bactériennes exposées.

En bref, ces résultats ont indiqué que les micro-organismes ont une plus grande capacité à survivre sur Mars qu’on ne le pensait auparavant. En plus d’être capables de survivre aux températures glaciales et à une basse pression atmosphérique, ils sont également capables de survivre aux rayonnements qui sont communs à la surface.

Selon Cheptsov :

Les résultats de l’étude indiquent la possibilité d’une cryoconservation prolongée des micro-organismes viables dans le régolithe martien. L’intensité du rayonnement ionisant à la surface de Mars est de 0,05-0,076 Gy / an et diminue avec la profondeur. En tenant compte de l’intensité du rayonnement dans le régolite de Mars, les données obtenues permettent de supposer que d’hypothétiques écosystèmes de Mars pourraient être conservés dans un état anabiotique dans la couche superficielle de régolite (protégée des rayons UV) pendant au moins 1,3 million d’années, à une profondeur de deux mètres pour pas moins de 3,3 millions d’années, et à une profondeur de cinq mètres pour au moins 20 millions d’années. Les données obtenues peuvent également être appliquées pour évaluer la possibilité de détecter des micro-organismes viables sur d’autres objets du système solaire et dans de petits corps dans l’espace.

Ainsi les chercheurs ont pu prouver pour la première fois que des bactéries procaryotes peuvent survivre à des rayonnements de plus de 80 kGy, ce qui était auparavant considéré comme impossible et ils ont également démontré qu’en dépit de son environnement hostile, des micro-organismes pourraient encore être vivants sur Mars aujourd’hui, préservés dans son pergélisol et son sol.

Ces informations auront une grande valeur pour les futures missions vers Mars et d’autres endroits dans le système solaire et peut-être même avec l’étude des exoplanètes. En connaissant le genre de conditions dans lesquelles la vie peut prospérer, cela nous aidera à déterminer où la chercher.

L’étude publiée dans la revue Extremophiles : 100 kGy gamma-affected microbial communities within the ancient Arctic permafrost under simulated Martian conditions.

Faire un Don !

Pourquoi ?

Parce qu’il n'y a aucune publicité ici et que le Guru compte sur la générosité de ses lecteurs(trices) pour continuer à faire vivre GuruMeditation (...et son créateur par la même occasion). D'autres méthodes vous seront proposées en plus de PayPal.

Nos nuits gagnent 2 % de luminosité chaque année… et c’est un problème

L’immense popularité des composants électriques brillants et économes en énergie, appelés diodes électroluminescentes ou LED pour light-emitting diode, fut un atout pour l’environnement. Mais les chercheurs découvrent qu’elle a également un coût plutôt sérieux.

Le problème croissant de la pollution lumineuse ne montre aucun signe de ralentissement, ce qui est une mauvaise nouvelle pour nos écosystèmes et notre santé.

Finalement ces stries sombres qui descendent les pentes martiennes ne serait pas formées par de l’eau

Mars est un endroit assez aride, et bien que de vastes océans aient probablement déjà recouvert sa surface, de nos jours toute l’eau restante semble être enfermée dans la glace aux pôles ou sous terre. Mais en 2011, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) a repéré des stries sombres qui apparaissent en été et disparaissent en hiver dans la poussière martienne, faisant allusion à l’influence d’eau qui coule. En y regardant de plus près, un nouveau rapport…

Sur la mouche qui peut rester sèche dans l’eau la plus humide du monde

Le lac Mono, dans le désert de la Sierra Nevada en Californie, n’est pas un lac d’eau douce comme les autres. Non seulement il est trois fois plus salé que l’océan, mais il est également plein de carbonate de sodium et de borax, qui est essentiellement un détergent à lessive. Le pH élevé de l’eau lui confère une texture glissante et presque grasse.

Aucun poisson ou autre vertébré ne survit dans ce lac…

Sur la véritable identité de l’objet interstellaire qui a traversé notre système solaire

Il y a peu, un objet en provenance de l’espace interstellaire est apparu dans notre système solaire. L’Observatoire européen austral (ESO) a confirmé que l’objet, provisoirement dénommé A / 2017 U1, est en fait un astéroïde provenant de l’extérieur du système solaire. Le premier voyageur interstellaire détecté, maintenant appelé « Oumuamua », se révèle être différent de tous les objets repérés auparavant et il a erré…

80 changements de saison dans cette vidéo d’une planète Terre haletante

Cette nouvelle vidéo de la Terre montre comment notre planète a changé au cours des deux dernières décennies alors que les satellites de la NASA surveillaient continuellement les populations de plantes sur terre et dans les océans.

Elle montre la Terre “respirer” au fur et à mesure que les saisons changent, avec une couverture de neige sur les pôles Nord et Sud augmentant et diminuant périodiquement tandis que des zones vertes de végétation font de même…

3 700 mondes au-delà du système solaire classés dans un tableau périodique des exoplanètes

Chaque année, nous découvrons de nouvelles exoplanètes, des planètes à l’extérieure de notre système solaire et une équipe d’astronomes a trouvé une ingénieuse manière de cartographier les 3 736 exoplanètes que nous connaissons jusqu’à présent.

Il est appelé le tableau périodique des exoplanètes et il classe ces milliers de planètes en fonction de leur taille, composition et de…

Découverte d’une planète de la taille de la Terre accompagnée d’une paisible étoile à 2 pas cosmiques de chez nous

À seulement 11 années-lumière de notre système solaire, une exoplanète qui vient d’être découverte est la deuxième plus proche de la Terre et elle serait suffisamment tempérée pour potentiellement accueillir et maintenir la vie.

Les astronomes ont repéré ce monde de la masse de la Terre entourant la petite et pâle étoile Ross 128, qui se trouve à 11 années-lumière du soleil. La planète, connue sous le nom de Ross 128b, pourrait profiter de températures de surface favorables à la vie telle…

Une image de Saturne dans un dernier adieu à la sonde Cassini

Le 15 septembre, la sonde spatiale Cassini de la NASA a terminé sa mission à proximité de la renommée Saturne avec une plongée kamikaze dans l’atmosphère de la géante gazeuse. La NASA a maintenant publié une mosaïque de Saturne et ses anneaux créés à partir d’images prises par l’explorateur dans les derniers jours de sa 293e dernière orbite fatale.

La mosaïque est composée de 42 images individuelles prises par la caméra grand-angle de Cassini en utilisant des filtres spectraux…

Peut-on recloner un clone ? (oui!)

Une équipe de chercheurs de l’université nationale de Séoul, de l’université de l’Etat du Michigan et de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign a « recloné » le premier chien cloné. Dans leur étude, le groupe décrit la duplication du clone et offre une mise à jour sur la façon dont les chiens font.

En 2005, des chercheurs de l’université nationale de Séoul ont rapporté qu’ils avaient cloné un chien afghan, le premier chien à être…

Deux cartes pour comparer le temps que l’on mettait à atteindre sa destination dans le monde en 1914 et en 2016

La carte isochrone, en entête et sur laquelle vous allez cliquer pour l’agrandir, présente le temps qu’un voyageur mettait pour atteindre sa destination en partant de Londres avec les moyens de locomotion disponible en 1914.

Elle a été créée cette même année par le cartographe royal anglais John G. Bartholomew et incluse avec plusieurs autres outils de ce type dans son Atlas de géographie économique…

La première représentation par l’humain de chiens en laisse

Une équipe de chercheurs de l’institut Max-Planck (Allemagne) et de la Commission saoudienne du tourisme et du patrimoine national a documenté ce qui pourrait être la plus ancienne représentation de chiens par des êtres humains…

Des dauphins mâles vont cueillir des éponges pour tenter de séduire les femelles

Des chercheurs de l’université d’Australie-Occidentale ont capturé quelques images d’un rare étalage à visée sexuel : des dauphins mâles à bosse (Sousa) présentant de grandes éponges marines à des femelles dans une apparente tentative d’accouplement.

Ils ont documenté des dauphins à bosse mâles adultes australiens présentant de grandes éponges marines aux femelles, ainsi que des manifestations/ représentations visuelles et acoustiques…

Le robot Atlas s’entraine apparemment pour les Jeux Olympiques

Un robot qui marche, même si c’est devenu courant, ça reste impressionnant… mais qu’en est-il de celui qui peut faire des sauts périlleux arrière ? Cela deviendrait presque inquiétant… Cette semaine, la société américaine spécialisée en robotique Boston Dynamics a publié une vidéo de son dernier robot humanoïde Atlas qui peut non seulement sauter et tourner sur lui-même, mais aussi faire un saut périlleux arrière complet avant d’atterrir comme un gymnaste…

Comment visualiser les processus en œuvre dans une année d’ouragans ? (Vidéo)

Une simulation, réalisée à partir de données satellitaires de l’intense saison 2017 des ouragans de l’Atlantique, montre comment les météorologues du Goddard Space Center de la NASA emploient de minuscules aérosols tels que le sel de mer évaporé, la poussière du désert saharien et la fumée de feu pour visualiser comment une tempête se déplace sur l’océan et d’estimer sa future trajectoire…

Pin It on Pinterest

Share This