Ça y est, la Blennorragie (chaude-pisse, chtouille…) est de retour comme à la belle époque !

Neisseria gonorrhoeae

En 2012, la blennorragie ou gonorrhée (chaude-pisse, chtouille…) était prévue pour s’incruster dans la liste grandissante des maladies intraitables. Hier (7 juillet 17)l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis un avertissement sur l’augmentation des souches résistantes de bactéries infectieuses responsables de la gonorrhée.

Les “superbactéries” présente un bien sombre avenir pour l’humain, avec pour l’instant aucune prévision d’éclaircie au vu du peu d’avancée dans de potentiels traitements de cette infection sexuellement transmissible (MST). Sans évoquer les prévisions alarmistes sur les morts engendrés par les bactéries multirésistantes d’ici 2050. Ainsi, nous pourrions très bien remonter dans le temps, à l’époque où la maladie vénérienne connaissait sa macabre heure de gloire.

Cet avertissement de l’OMS fait suite à la découverte de plusieurs patients en France, au Japon et en Espagne infectés par des souches de Neisseria gonorrhoeae (en image d’entête, NIAID) qui ne répondent à aucun antibiotique.

Selon, Teodora Wi, médecin travaillant à l’OMS :

Ces cas pourraient être la pointe de l’iceberg, car les systèmes de diagnostic et de déclaration des infections sont insuffisants dans les pays pauvres où la gonorrhée est en fait plus fréquente.

La gonorrhée est l’un des agents pathogènes les plus courants, transmis par le contact sexuel, en grande partie grâce au fait qu’elle est souvent asymptomatique, ce qui signifie que vous pourriez très bien être porteur de la bactérie sans le savoir. La diminution de l’utilisation des préservatifs et l’augmentation des déplacements contribuent également grandement à sa propagation, avec environ 78 millions de personnes infectées annuellement dans le monde.

Les bactéries infectent non seulement les organes génitaux des hommes et des femmes, mais peuvent également être trouvées dans les tissus de la gorge et du rectum, ce qui entraîne des complications, y compris une infertilité et une sensibilité accrue à la capture du VIH.

Depuis les années 1930, les MST bactériennes telles que la gonorrhée, chlamydia et  syphilis ont été traitées avec un simple traitement antibiotique.

Selon le directeur américain du Center for Disease Dynamics, Economics and Policy (CDDEP) Ramanan Laxminarayan :

Le meilleur moment pour avoir eu la gonorrhée fut dans années 80, car il y avait beaucoup de médicaments pour la traiter.

Alors que les cas asymptomatiques ne sont pas traités, en l’absence d’un kit de diagnostic sur place, les médecins ont également tendance à évaluer les MST en se basant sur les symptômes signalés, prescrivant des antibiotiques indépendamment de la présence d’une infection.

Ces dernières dizaines d’années ont vu un nombre croissant de ces soi-disant superbactéries, des bactéries multirésistantes qui ont donc acquis une résistance à de nombreux antibiotiques. De nouvelles recherches ont révélé une résistance généralisée à plusieurs types d’antibiotiques habituellement prescrits pour la gonorrhée.

Tous, sauf 3 % des pays interrogés entre 2009 et 2014 ont signalé des infections par la Neisseria gonorrhoeae avec une résistance à un antibiotique commun et peu coûteux appelé ciprofloxacine. Environ 66 % des pays ont signalé une résistance à un groupe d’antibiotiques de dernier recours appelé céphalosporines à spectre étendu.

Ce sont vraiment de mauvaises nouvelles, car dans de nombreux pays, ces antibiotiques sont la seule option pour traiter la gonorrhée. Si nous espérons une guérison miraculeuse ou une forme d’adaptation, nous risquons d’être déçus. Il n’y a pas grand-chose à faire et seulement 3 traitements candidats sont actuellement testés, dont un à la fin de la phase III d’un essai clinique et deux autres qui viennent de passer à la phase II.

L’OMS a évoqué par le passé la réticence des entreprises pharmaceutiques/ commerciales à investir dans des produits pharmaceutiques où ils y trouveront que peu de profit. À la suite de l’épidémie d’Ebola de 2014, qui a emporté 5000 vies, la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, a cité le profit comme la raison pour laquelle les vaccins ont été si lentement à être développés.

Un secteur à but lucratif n’investit pas dans des produits qui ne peuvent pas rapporter.

De même, les antibiotiques ne sont pas toujours des candidats attrayants pour ces entreprises, car, ironiquement, les bactéries peuvent leur résister.

L’OMS s’est associée à l’initiative Drugs for Neglected Diseases (Traitements pour les maladies négligées) basée à Genève afin de lancer le Global Antibiotic Research and Development Partnership (Partenariat mondial pour la recherche et le développement d’antibiotiques) afin de résoudre ce grave problème.

Selon la responsable de ce partenariat, Dr Manica Balasegaram :

À court terme, nous visons à accélérer le développement et l’introduction d’au moins un de ces nouveaux médicaments et nous évaluerons le développement possible de traitements combinés pour une utilisation en santé publique.

Même si nous développons des techniques plus précises et rapides de diagnostic et de nouveaux antibiotiques, la prévention reste bien meilleure que tout remède. Conseil de survie : continuer à sortir couvert !

Sur le site de l’OMS : Antibiotic-resistant gonorrhoea on the rise, new drugs needed et WHO updates Essential Medicines List with new advice on use of antibiotics, and adds medicines for hepatitis C, HIV, tuberculosis and cancer ainsi que sur le site du CDDEP : Extensively drug-resistant gonorrhea rising globally; DRC Ebola outbreak ends.

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