Sélectionner une page

Est-ce qu’une mauvaise mastication a transformé deux lions en célèbres dévoreurs d’humains ?

20 Avr 2017 | 0 commentaires

Lions-m h3

Les deux plus notoires félins tueurs et mangeurs d’humain de l’histoire sont sans doute deux lions du Tsavo, deux mâles sans domicile fixe qui ont fait des dizaines de morts avant d’être abattu par le colonel J.H. Patterson en 1898 et que vous pouvez voir posé fièrement dans l’image d’entête. Ils ont même inspiré un film, L’Ombre et la Proie... Pourtant, les légendes éclipsent souvent la réalité, surtout quand on regarde dans la gueule des créatures qui ont développé une prédilection pour la chair humaine. Une nouvelle étude de la paléoécologue Larisa DeSantis (université Vanderbilt, USA) et du zoologiste Bruce Patterson, aide à démêler le mythe de la réalité des plus célèbres mangeurs d’hommes d’Afrique.

Alors que les lions et les grands félins d’aujourd’hui tuent des humains tous les ans, les bêtes qui franchissent l’étape suivante et qui consomment leur chair nous laissent un fort sentiment d’effroi. Ces habitudes alimentaires ont sans aucun doute favorisé la célébrité des lions du Tsavo, qui aurait été responsable de la mort de 135 personnes selon le colonel Patterson. En fait ce nombre était bien moindre : une étude de 2009, qui a analysé les traces chimiques laissées sur les dents des lions, estimait qu’ils avaient, à eux deux, dévoré environ 35 personnes, assez souvent quand même pour que des traces du choix de leur inhabituel menu soient visibles sur leurs crocs.

Pour DeSantis et Patterson qui savent interpréter les formes et les traces laissées sur les os, les dents non seulement donnent un aperçu du genre de nourriture qu’un animal s’est habitué à manger, mais ils enregistrent également ce qu’il mangeait dans les jours et les semaines avant sa mort. Ces indices microscopiques s’appellent en anglais “microwear” (usure de surface microscopique), et incluent des rayures et des fosses qui peuvent être liées à des types particuliers d’aliments. Pour la nouvelle étude, DeSantis et Patterson ont observé ces microwear sur les dents des lions Tsavo, ainsi que sur celles du lion Mfuwe qui a mangé six personnes en 1991, pour voir si leurs dents révélaient un changement de régime par rapport aux autres lions, guépards et hyènes.

Des modèles 3D des microscopiques motifs d’usure des dents de lion. Les deux en haut à gauche proviennent de lions sauvages capturés, en haut à droite d’un lion captif, les deux en bas à gauche proviennent des lions du Tsavo (The Field Museum of Natural Histoire)
Dent-lion MH

Ils étaient particulièrement à l’affût de signes montrant que les lions brisaient le squelette de leurs victimes comme il l’avait été indiqués dans le récit du colonel Patterson :

J’ai un souvenir très vif d’une nuit particulière lorsque les bêtes ont saisi un homme et l’ont amené près de mon camp pour le dévorer. Je pouvais les entendre écraser les os, et le bruit de leur ronronnement affreux remplissait l’air et retentit dans mes oreilles pendant des jours.

Si le colonel avait raison, de telles habitudes auraient sans aucun doute laissé des traces sur les dents des lions, confirmant l’histoire édulcorée du chasseur. Pourtant, DeSantis et Patterson n’ont pas trouvé de lien à cette partie sombre du récit.

Selon DeSantis :

Nous avons été surpris de ne voir aucune preuve d’extrême durophagie*.

(*durophagie : fait de se nourrir de proies dures par rapport à ses dents et devant être broyées).

Ce manque de preuve a également été contraire à l’une des explications traditionnelles du comportement de l’animal à l’égard des hommes. On pensait qu’une épidémie locale de peste bovine avait éradiqué le zèbre et le gnou que les lions chassaient habituellement, poussant les félins à se nourrir d’humains. Mais la nouvelle étude révèle qu’ils ne présentaient pas un comportement de charognards en déterrant les humains ou qu’ils ne leur brisaient pas les os en désespoir de cause.

Selon DeSantis :

Les lions qui mangent des hommes ont des motifs d’usure microscopique semblables aux lions en captivité qui reçoivent généralement de la nourriture plus tendre.

Pour les lions du Tsavo et Mfuwe, une bonne proportion de cette “nourriture plus tendre” était la chair humaine.

Pourquoi les lions du Tsavo et Mfuwe se sont tournés vers la chasse aux humains reste un mystère. Mais, DeSantis et Patterson indiquent certains facteurs potentiels. Le lion Mfuwe, ainsi que l’un des lions du Tsavo, présentaient de graves blessures à leurs mâchoires. Ainsi, ils n’auraient pas été aussi habiles pour attraper leurs proies habituelles, les tendres humains auraient offert une attrayante alternative. Selon DeSantis, les humains étaient un aliment de dernier recours et les lions étaient principalement axés sur les parties molles.

Images tirées de l’étude : images des blessures du mangeur d’hommes du Tsavo (a) et de Mfuwe (b). (The Field Museum of Natural Histoire/ Scientific reports)
41598_2017_948_Fig1_HTML

La nouvelle étude rappelle que les spécimens historiques bien conservés peuvent souvent révéler leurs anciens secrets plus tard, note DeSantis tout en précisant :

Nous devons arrêter de penser aux humains comme le sommet de la chaîne alimentaire.

Les enregistrements fossiles montrent clairement que les humains ont été la proie d’autres animaux durant toute notre histoire, et 563 personnes ont été tuées par des lions en Tanzanie entre janvier 1990 et septembre 2004. Le risque de mourir d’un accident de voiture est bien évidemment bien plus élever que celle de rencontrer un lion. Mais cette statistique rappelle que d’autres espèces ne reconnaissent pas la position dominante que nous nous sommes attribués. Pour certains animaux/ insectes, nous sommes encore des proies.

L’étude publiée dans Scientific Reports : Dietary behaviour of man-eating lions as revealed by dental microwear textures.

Faire un Don !

Pourquoi ?

Parce qu’il n'y a aucune publicité ici et que le Guru compte sur la générosité de ses lecteurs(trices) pour continuer à faire vivre GuruMeditation (...et son créateur par la même occasion). D'autres méthodes vous seront proposées en plus de PayPal.

Nos nuits gagnent 2 % de luminosité chaque année… et c’est un problème

L’immense popularité des composants électriques brillants et économes en énergie, appelés diodes électroluminescentes ou LED pour light-emitting diode, fut un atout pour l’environnement. Mais les chercheurs découvrent qu’elle a également un coût plutôt sérieux.

Le problème croissant de la pollution lumineuse ne montre aucun signe de ralentissement, ce qui est une mauvaise nouvelle pour nos écosystèmes et notre santé.

Finalement ces stries sombres qui descendent les pentes martiennes ne serait pas formées par de l’eau

Mars est un endroit assez aride, et bien que de vastes océans aient probablement déjà recouvert sa surface, de nos jours toute l’eau restante semble être enfermée dans la glace aux pôles ou sous terre. Mais en 2011, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) a repéré des stries sombres qui apparaissent en été et disparaissent en hiver dans la poussière martienne, faisant allusion à l’influence d’eau qui coule. En y regardant de plus près, un nouveau rapport…

Sur la mouche qui peut rester sèche dans l’eau la plus humide du monde

Le lac Mono, dans le désert de la Sierra Nevada en Californie, n’est pas un lac d’eau douce comme les autres. Non seulement il est trois fois plus salé que l’océan, mais il est également plein de carbonate de sodium et de borax, qui est essentiellement un détergent à lessive. Le pH élevé de l’eau lui confère une texture glissante et presque grasse.

Aucun poisson ou autre vertébré ne survit dans ce lac…

Sur la véritable identité de l’objet interstellaire qui a traversé notre système solaire

Il y a peu, un objet en provenance de l’espace interstellaire est apparu dans notre système solaire. L’Observatoire européen austral (ESO) a confirmé que l’objet, provisoirement dénommé A / 2017 U1, est en fait un astéroïde provenant de l’extérieur du système solaire. Le premier voyageur interstellaire détecté, maintenant appelé « Oumuamua », se révèle être différent de tous les objets repérés auparavant et il a erré…

80 changements de saison dans cette vidéo d’une planète Terre haletante

Cette nouvelle vidéo de la Terre montre comment notre planète a changé au cours des deux dernières décennies alors que les satellites de la NASA surveillaient continuellement les populations de plantes sur terre et dans les océans.

Elle montre la Terre “respirer” au fur et à mesure que les saisons changent, avec une couverture de neige sur les pôles Nord et Sud augmentant et diminuant périodiquement tandis que des zones vertes de végétation font de même…

3 700 mondes au-delà du système solaire classés dans un tableau périodique des exoplanètes

Chaque année, nous découvrons de nouvelles exoplanètes, des planètes à l’extérieure de notre système solaire et une équipe d’astronomes a trouvé une ingénieuse manière de cartographier les 3 736 exoplanètes que nous connaissons jusqu’à présent.

Il est appelé le tableau périodique des exoplanètes et il classe ces milliers de planètes en fonction de leur taille, composition et de…

Découverte d’une planète de la taille de la Terre accompagnée d’une paisible étoile à 2 pas cosmiques de chez nous

À seulement 11 années-lumière de notre système solaire, une exoplanète qui vient d’être découverte est la deuxième plus proche de la Terre et elle serait suffisamment tempérée pour potentiellement accueillir et maintenir la vie.

Les astronomes ont repéré ce monde de la masse de la Terre entourant la petite et pâle étoile Ross 128, qui se trouve à 11 années-lumière du soleil. La planète, connue sous le nom de Ross 128b, pourrait profiter de températures de surface favorables à la vie telle…

Une image de Saturne dans un dernier adieu à la sonde Cassini

Le 15 septembre, la sonde spatiale Cassini de la NASA a terminé sa mission à proximité de la renommée Saturne avec une plongée kamikaze dans l’atmosphère de la géante gazeuse. La NASA a maintenant publié une mosaïque de Saturne et ses anneaux créés à partir d’images prises par l’explorateur dans les derniers jours de sa 293e dernière orbite fatale.

La mosaïque est composée de 42 images individuelles prises par la caméra grand-angle de Cassini en utilisant des filtres spectraux…

Peut-on recloner un clone ? (oui!)

Une équipe de chercheurs de l’université nationale de Séoul, de l’université de l’Etat du Michigan et de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign a « recloné » le premier chien cloné. Dans leur étude, le groupe décrit la duplication du clone et offre une mise à jour sur la façon dont les chiens font.

En 2005, des chercheurs de l’université nationale de Séoul ont rapporté qu’ils avaient cloné un chien afghan, le premier chien à être…

Deux cartes pour comparer le temps que l’on mettait à atteindre sa destination dans le monde en 1914 et en 2016

La carte isochrone, en entête et sur laquelle vous allez cliquer pour l’agrandir, présente le temps qu’un voyageur mettait pour atteindre sa destination en partant de Londres avec les moyens de locomotion disponible en 1914.

Elle a été créée cette même année par le cartographe royal anglais John G. Bartholomew et incluse avec plusieurs autres outils de ce type dans son Atlas de géographie économique…

La première représentation par l’humain de chiens en laisse

Une équipe de chercheurs de l’institut Max-Planck (Allemagne) et de la Commission saoudienne du tourisme et du patrimoine national a documenté ce qui pourrait être la plus ancienne représentation de chiens par des êtres humains…

Des dauphins mâles vont cueillir des éponges pour tenter de séduire les femelles

Des chercheurs de l’université d’Australie-Occidentale ont capturé quelques images d’un rare étalage à visée sexuel : des dauphins mâles à bosse (Sousa) présentant de grandes éponges marines à des femelles dans une apparente tentative d’accouplement.

Ils ont documenté des dauphins à bosse mâles adultes australiens présentant de grandes éponges marines aux femelles, ainsi que des manifestations/ représentations visuelles et acoustiques…

Le robot Atlas s’entraine apparemment pour les Jeux Olympiques

Un robot qui marche, même si c’est devenu courant, ça reste impressionnant… mais qu’en est-il de celui qui peut faire des sauts périlleux arrière ? Cela deviendrait presque inquiétant… Cette semaine, la société américaine spécialisée en robotique Boston Dynamics a publié une vidéo de son dernier robot humanoïde Atlas qui peut non seulement sauter et tourner sur lui-même, mais aussi faire un saut périlleux arrière complet avant d’atterrir comme un gymnaste…

Comment visualiser les processus en œuvre dans une année d’ouragans ? (Vidéo)

Une simulation, réalisée à partir de données satellitaires de l’intense saison 2017 des ouragans de l’Atlantique, montre comment les météorologues du Goddard Space Center de la NASA emploient de minuscules aérosols tels que le sel de mer évaporé, la poussière du désert saharien et la fumée de feu pour visualiser comment une tempête se déplace sur l’océan et d’estimer sa future trajectoire…

Pin It on Pinterest

Share This