Découverte de la première grenouille fluorescente

Hypsiboas punctatus-2

À la lumière du jour, la grenouille sud-américaine “à pois polka”, ou Hypsiboas punctatus, a une coloration vert pâle, avec de petits points rouges éparpillés sur son dos. Sous une lumière ultraviolette, elle brille d’un vert presque néon.

GIF d’entête : la grenouille Hypsiboas punctatus de jour et de nuit (Julián Faivovich/ Carlos Taboda/ Nature)

Carlos Taboada, herpétologue à l’université de Buenos Aires en Argentine, a recueilli les grenouilles près de Santa Fe. Après une recherche plus approfondie sur leur fluorescence verte, l’équipe a constaté que trois molécules : hyloin-L1, hyloin-L2 et hyloin-G1 étaient présents dans la peau de la grenouille et ses tissus lymphatiques. Les sécrétions de ces zones contiennent les produits chimiques nécessaires pour absorber la lumière et sont similaires à ceux trouvés dans les plantes.

Taboada explique que cette fluorescence est une rareté parmi les animaux terrestres et jusqu’à présent, la capacité d’absorber et de réémettre la lumière de cette manière était inconnue chez les amphibiens:

Ce phénomène est rare chez les tétrapodes, Perroquets et tortues marines.

La fluorescence est différente de la bioluminescence, un trait dont certaines créatures marines disposent. Alors que la bioluminescence crée la lumière par le biais d’une réaction chimique complexe et peut fonctionner même dans les parties les plus sombres de l’océan, les créatures fluorescentes s’appuient sur l’absorption de la lumière afin de créer cette lueur. La fluorescence est la capacité à absorber le rayonnement électromagnétique à courte longueur d’onde et de le réémettre à des longueurs d’onde plus longues.

Le poulpe bioluminescent, Stauroteuthis syrtensis, est capable d’attirer les proies avec une série de photophores clignotants dans leurs tentacules, créant un leurre hypnotique. En revanche, on ne sait pas vraiment pourquoi la grenouille à pois dispose de cette capacité, et les explications possibles pourraient être du domaine de la communication, ou pour attirer un partenaire.

La couleur fluorescente de la grenouille fut une surprise, non pas par sa capacité à absorber la lumière, mais en raison de sa couleur verte brillante. Comme les grenouilles contenaient le pigment biliverdine, les herpétologistes avaient prévu qu’elles émettraient une faible teinte rouge, ce qui n’est pas le cas.

La force pure de la lumière émise par les grenouilles est surprenante. Elles peuvent projeter jusqu’à 18 % autant de lumière visible que la pleine lune. Taboada a l’intention d’étudier les photorécepteurs des grenouilles pour vérifier si cette émission de lumière correspond aux exigences visuelles nécessaires de la grenouille pour la voir clairement.

L’étude publiée dans The Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America : Naturally occurring fluorescence in frogs et dans Nature : First fluorescent frog found.

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