Les guerres de clans entre mangoustes engendrent morts, activités sexuelles et une meilleure descendance

Mangoustes rayées

Selon une nouvelle recherche de l’Université d’Exeter (Angleterre) un jour dans la vie d’une mangouste rayée à tout d’un épisode de Game of Thrones (ou Vikings dans une vaine tentative pour le Guru de rester “dans le coup”). Il s’avère que les petites créatures s’engagent dans des comportements semblables à ceux d’un gang engendrant morts, rapports sexuels entre ennemis et à un étrange effet de préservation de la vie.

Alors que les comportements coopératifs et concurrentiels ont bien été documentés chez les humains et les chimpanzés, les chercheurs estiment que les études portant sur cette dynamique chez d’autres animaux sont, jusqu’à présent, assez rares.

Pour leur recherche, ils ont étudié 43 groupes sociaux de mangoustes rayées vivant en Ouganda pendant environ 16 ans. Certaines mangoustes étaient identifiées avec des colliers spéciaux codés par couleur, d’autres ont été équipés de colliers radio VHF et d’autres encore portaient des marques de rasage spécifiques sur leur fourrure. Ces dernières ont été régulièrement prises au piège pour maintenir leur aspect unique et ces mangoustes ont également été formées à grimper sur une échelle. Les chercheurs ont visité les colonies de 1 à 3 jours par semaine et chaque jour où les femelles se reproduisaient. Pendant la période de l’étude, ils ont été témoins de 570 interactions agressives entre les clans et selon l’auteur principal de l’étude, Faye Thompson, du Centre pour l’Ecologie et la Conservation de l’université d’Exeter :

Ces combats sont très chaotiques, avec 20 ou 30 mangoustes de chaque côté disposées en ligne de bataille. Toutes se précipitent et des combats éclatent, certains individus se chassant les uns les autres dans les buissons, mais en même temps, les mâles et les femelles des groupes opposés s’accouplent parfois entre eux. Les combats coûtent cher aux individus et aux groupes. Ils peuvent mourir et les portées sont moins susceptibles de survivre à l’émergence si leur groupe est impliqué dans une rencontre agressive avec un rival.

Les chercheurs ont également souligné que les violentes interactions commencent typiquement par un “cri de guerre” et qu’elles étaient plus susceptibles de se battre dans les cas où un groupe était en plus grand nombre que l’autre, ce qui a généralement conduit à la fuite du plus petit groupe.

Les chercheurs ont pu constater que deux facteurs importants ont contribué aux combats sur une journée donnée : des densités de population élevées et de faibles précipitations, donc moins de ressources et une plus grande concurrence entre les groupes de mangoustes. Ils ont également déterminé que les interactions entre les clans étaient plus élevées lorsque les femelles étaient en chaleurs. En outre, ils pensent que les rencontres sexuelles, entre les membres de différents groupes au cours des conflits, sont un moyen d’éviter la consanguinité.

Les chercheurs ont aussi remarqué que si les mangoustes femelles étaient impliquées dans des interactions agressives entre les clans alors qu’elles étaient enceintes, le taux auquel elles ont avorté de leurs portées a baissé. Une théorie voudrait que les avortements soient plus élevés lorsque les femelles sont expulsées de leur groupe social. Pendant les périodes de conflit, ce processus d’expulsion pourrait diminuer pour compenser le fait que le groupe subit des pertes pendant les combats, en particulier parmi les jeunes membres du groupe.

Les chercheurs estiment également que l’intensité avec laquelle les mangoustes combattent régulièrement contribue à consolider l’unité au sein des groupes :

Nos résultats suggèrent que le combat entre les groupes est l’une des principales forces de promotion de la solidarité et de la coopération au sein des groupes chez ces mammifères hautement sociaux.

L’étude publiée dans Animal Behaviour : Causes and consequences of intergroup conflict in cooperative banded mongooses.

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