Des bactéries utilisées comme chevaux de Troie pour combattre le cancer

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Des scientifiques ont recruté des bactéries modifiées génétiquement pour les aider à lutter contre le cancer. Elles ont infiltré des tumeurs et activé le système immunitaire pour tuer les cellules malignes. La taille des tumeurs a diminué en dessous des limites détectables chez 11 des 20 souris qui ont reçu des injections d’une souche de bactéries conçues pour être inoffensives, mais capables de supprimer efficacement la croissance des masses cancéreuses.

Une cellule cancéreuse attaquée par des Lymphocytes T. (Université Rice)

L’immunothérapie des cancers à l’aide de bactéries remonte à 1893, lorsque le chirurgien William Coley a remarqué que les tumeurs récurrentes du tissu conjonctif, appelées sarcomes, ont disparu après que les patients aient été infectés par des bactéries (streptocoques) qui provoquent l’Erysipèle (une maladie de peau). Cela l’a conduit à développer une thérapie, maintenant appelée “toxines de Coley”, qui utilise diverses souches bactériennes pour lutter contre le cancer. Ce domaine de recherche a été mis de côté alors que de nouvelles thérapies chirurgicales et chimiques ont émergé. Depuis 10 ans, cette immunothérapie est revenue sur le devant de la scène alors que certains chercheurs utilisent des Salmonelles modifiées pour distribuer divers agents thérapeutiques dans l’organisme, comme des gènes et des médicaments anticancéreux. Les bactéries ont une capacité naturelle à s’infiltrer dans les tumeurs, ce qui en fait d’excellentes pourvoyeuses de ce que l’ont veut y placer. Malheureusement, toutes les thérapies contre le cancer à bases de bactéries nécessitent de multiples injections de microbes et les rechutes sont fréquentes.

Afin de trouver une meilleure méthode et qui tienne sur la durée, Jin Hai Zheng et ses collègues de l’Université nationale de Chonnam, en Corée du Sud, ont utilisé en tant que “chevaux de Troie” des bactéries Salmonella enterica enterica modifiées qui infiltrent les environnements à faible teneur en oxygène présents dans les tumeurs et y sécrètent un signal/ une protéine qui déclenche la réponse immunitaire. Cette protéine a été génétiquement rajoutée à la S. enterica enterica, et elle est normalement trouvée dans un microbe aquatique appelé Vibrio vulnificus, permettant à ce dernier de développer son flagelle, l’appendice qui ressemble à une longue queue et qui permet aux microorganismes de nager. Puisque les animaux vertébrés, y compris les humains, n’ont pas de flagelle, cette protéine apparait comme étrangère à nos cellules. Lorsque les globules blancs, connus sous le nom de macrophages détectent la présence de ces protéines étrangères, elles sentent immédiatement le danger et rentrent en action.

(Carla Schaffer / Zheng et col. / Science Translational Medicine)immunothérapie-bactérie2017

Les bactéries exprimant la FlaB ne sont pas toxiques et surtout, elles n’envahissent pas les tissu non cancéreux chez les rongeurs. Trois jours après l’administration, le nombre de bactéries à l’intérieur des tumeurs était 10 000 fois plus important que celles trouvées dans les organes vitaux. De plus, la combinaison de Salmonelles et de FlaB rétrécissait synergiquement les tumeurs, prolongeait la survie et empêchait également les métastases, la prolifération du cancer, alors que les souris recevant des microorganismes non producteurs de FlaB présentent une certaine réduction de leur cancer, mais leurs masses tumorales ont tendance à repousser.

Les auteurs spéculent que leur technique fait des bactéries manipulées une stratégie anticancéreuse potentiellement prometteuse.

L’étude publiée dans Science Translational Medicine : Two-step enhanced cancer immunotherapy with engineered Salmonella typhimurium secreting heterologous flagellin.

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Une réponse à “Des bactéries utilisées comme chevaux de Troie pour combattre le cancer”

  1. 9 février 2017 at 19 h 07 min #

    Ou comment donner un coup de main à notre système immunitaire pour pouvoir se battre contre des cellules rebelles grâce à un armement importé… J’ai comme une impression d’avoir déjà vu ça quelque part !

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