Quand une guêpe parasite en manipule une autre pour s’extraire de sa tête elle-même bloquée dans un arbre

Euderus set2

Voici un rare exemple “d’hypermanipulation”, dans lequel un parasite est manipulé par un autre parasite, découvert par deux biologistes évolutionnistes, Kelly Weinersmith et Scott Egan de l’université Rice (Texas).

La première protagoniste est la larve de la guêpe parasite Bassettia pallida, qui normalement grandit à l’intérieur de galle (cryptes) qu’elle a elle-même induite dans des arbres, des chênes pour la plupart et, une fois adulte, se creuse une galerie pour se libérer au printemps.

Tirée de l’étude, guêpe parasite B. Pallida. (université Rice/ PRSB)B. Pallida
Deux larves de B. Pallida dans leurs cryptes à l’intérieur d’un chêne. (université Rice/ PRSB)larves Bpal E Set

Mais parfois, certaines commencent à creuser leur galerie des mois avant le printemps et s’arrêtent à la sortie alors que leur tête est encore plus petite que le trou vers l’extérieur. La croissance continuant son œuvre, elles finissent la tête bloquée au moment du printemps.

En fait, ce n’est pas une erreur de calendrier de leur part, elles sont manipulées par la larve d’une autre guêpe parasite plus petite, l’Euderus set dont la larve, qui a été déposée par maman dans la galle du chêne (qui, pour rappel, a été induite par son hôte la B. Pallida), grignote ensuite les entrailles de la B. Pallida et s’attaque à la tête quand vient le moment de sortir.

Comme pour l’image d’entête (Zookeys) la guêpe parasite Euderus set. (université Rice/ PRSB)E Set
La larve de l’Euderus set dans une crypte fabriquée par la B. Pallida. (université Rice/ PRSB)larves Bpal E Set
 

De plus l’Euderus set doit de faire preuve d’une certaine maitrise. Elle a de bien plus petites mâchoires que son hôte et ne pourrait se soustraire seule de sa cavité, elle profite ainsi des qualités perforatrices de la B. Pallida. Les chercheurs ont découvert que, parfois, l’Euderus set pousse son hôte à creuser beaucoup trop tôt et que cette dernière, qui n’a pas encore ses pleines capacités à s’attaquer entièrement à l’écorce de l’arbre, ne pouvant terminer le travail, les bloquent toutes les deux.

(clic pour agrandir) La première partie présente le travail de la B. Pallida non parasitée et la deuxième, lorsque cette dernière cohabite avec son parasite, l’Euderus set. (dessins Boulet/ université Rice)
insidieuse guêpe

Les biologistes, qui ont publié deux études, l’une décrivant l’Euderus set et l’autre sa macabre manipulation, ont nommé leur guêpe en l’honneur de Seth, le dieu égyptien du mal et du chaos qui a piégé son frère Osiris dans une crypte, l’a tué pour ensuite le découpé en petits morceaux.

Scott Egan a d’abord découvert la guêpe sur la côte du Golfe de Floride durant l’été 2014 avant de la trouver dans les arbres à Rice (Texas) et dans un chêne dans sa cour. Dans le cadre de cette étude, l’E. set a maintenant été trouvée en Géorgie, dans le Mississippi et en Louisiane.

Comme l’indique l’introduction du Guru, les biologistes pensent que l’E. set peut être considérée comme un “hypermanipulateur”, une espèce qui en manipule une autre (la B. Pallida manipule le chêne l’encourageant à former des galles) qui, à son tour, en manipule une autre. Il est possible que le parasitoïde libère un composé, comme une hormone, ou de multiples composés qui pourraient induire ce comportement dans son hôte, mais cela devra être confirmé par d’autres recherches.

La description de l’Euderus set publiée dans ZooKeys : Description of a new species of Euderus Haliday from the southeastern United States (Hymenoptera, Chalcidoidea, Eulophidae): the crypt-keeper wasp et la manipulation décrite dans The Proceedings of the Royal Society B : Tales from the crypt: a parasitoid manipulates the behaviour of its parasite host.

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