Encore une étude confirmant que votre appendice pourrait avoir une importante fonction biologique

Comme le Guru vous l’indiquait déjà en 2012 puis en 2013, tant que vous le pouvez, ne jetez pas votre appendice, il pourrait vous être d’une grande utilité !

Vous devez sans doute le savoir, le corps humain comporte un certain nombre de parties “vestigial”, comme l’appendice, les dents de sagesse, le coccyx, qui ont progressivement perdu leur utilité alors que nous nous sommes adaptés à des modes de vie plus avancés que nos ancêtres primitifs.

Mais alors que nos dents de sagesse engendrent la plupart du temps plus de douleur que de bienfait (de nos jours), l’appendice humain pourrait être plus qu’une simple bombe à retardement dans votre abdomen. Une nouvelle étude indique qu’il pourrait servir une fonction biologique importante et que les humains, par l’intermédiaire de l’évolution, ne sont pas prêts à l’abandonner.

Des chercheurs de l’université d’État du Midwest (Etats-unis) avec la participation du CNRS (universités de la Sorbonne) ont retracé l’apparition, la disparition et la réapparition de l’appendice dans plusieurs lignées de mammifères au cours des 11 millions d’années passées, pour déterminer combien de fois il a disparu et réapparu en raison de pressions évolutives. Ils ont constaté que l’organe a évolué au moins 29 fois, peut-être même jusqu’à 41 fois, tout au long de l’évolution des mammifères et qu’il a seulement été perdu 12 fois au maximum, un fait qui avait déjà été déterminé en 2013 par une équipe internationale de chercheurs.

Selon l’équipe à l’origine de cette recherche :

Cette preuve statistiquement solide, que l’apparition de l’appendice est significativement plus probable que sa perte, suggère une valeur sélective pour cette structure. Ainsi, nous pouvons rejeter avec confiance l’hypothèse que l’appendice est une structure vestigée avec peu de valeur adaptative ou fonction parmi les mammifères.

Si l’appendice a fait de multiples retours chez les humains et d’autres mammifères depuis des millions d’années, à quoi sert-il exactement ?

L’appendice humain serait le reste d’un organe rétréci qui a joué un rôle important chez un ancêtre éloigné des humains, il y a des millions d’années. La raison pour laquelle il existe toujours (devant parfois être enlevé en raison d’une inflammation potentiellement mortelle et de sa rupture) est qu’il est trop couteux, du point de vue de l’évolution, pour s’en débarrasser complètement. Il y a ainsi peu de pression évolutive pour perdre une partie aussi importante du corps. En d’autres termes, la quantité d’effort qu’il faudrait pour que l’espèce humaine perde progressivement l’appendice sur des milliers d’années d’évolution n’en vaut tout simplement pas la peine parce que, pour la majorité des humains, il n’engendre aucun problème.

Depuis des années, les chercheurs ont tenté de déterminer la fonction possible de l’appendice humain et l’hypothèse principale est que c’est un refuge pour de bonnes bactéries intestinales qui nous aident à prévenir de certaines infections.

L’une des meilleures preuves que nous avons de cette suggestion est une étude de 2012, qui a constaté que les individus sans appendice étaient quatre fois plus susceptibles de souffrir de manière récurrente de colite suite à la prolifération de la bactérie Clostridium difficile, provoquant diarrhée, fièvre, nausées et douleurs abdominales.

Récemment, l’équipe de chercheur de l’université du Midwest (États-Unis) a adopté une approche différente pour parvenir à la même conclusion. Ils ont d’abord recueilli des données sur la présence ou l’absence de l’appendice et d’autres caractéristiques gastro-intestinales et environnementales chez 533 espèces de mammifères au cours des 11 244 millions d’années écoulées. Sur chaque arbre génétique pour ces diverses lignées, ils ont retracé l’évolution de l’appendice au fil des années d’évolution et ils ont constaté qu’une fois l’organe apparu, il n’a presque jamais été perdu.

Selon les chercheurs :

L’appendice a évolué indépendamment dans plusieurs lignées de mammifères, plus de 30 fois séparément et n’a presque jamais disparu d’une lignée une fois qu’il est apparu ce qui suggère que l’appendice a probablement une fonction d’adaptation.

Ensuite, les chercheurs ont examiné divers facteurs écologiques : les comportements sociaux, l’alimentation, l’habitat et le climat local de l’espèce pour déterminer quelle pourrait être le “but de l’adaptation”. Ils ont constaté que les espèces qui avaient retenu ou regagné un appendice présentait des concentrations moyennes plus élevées de tissu lymphoïde (immun) dans le caecum, une petite poche connectée à la jonction du petit et du grand intestin. Cela suggère que l’appendice pourrait jouer un rôle important dans le système immunitaire d’une espèce, d’autant plus que le tissu lymphatique est connu pour stimuler la croissance de certains types de bactéries intestinales bénéfiques.

L’équipe de conclure :

Bien que ces liens entre l’appendice et les facteurs cæcaux aient été suggérés auparavant, c’est la première fois qu’ils sont statistiquement validés. L’association entre la présence de l’appendice et le tissu lymphoïde appuie l’hypothèse immunitaire de l’évolution de l’appendice.

L’étude est loin d’être concluante, mais offre une perspective différente sur l’hypothèse que les humains aient gardé l’appendice pour son bénéfice immunitaire. Le défi est maintenant de le prouver, ce qui est plus facile à dire qu’à faire, puisque la plupart des personnes à qui l’on a retiré l’appendice ne souffrent d’aucun effet défavorable à long terme. Les cellules immunitaires produisant des tissus dans le caecum et ailleurs dans le corps pourraient s’intensifier pour compenser la perte.

L’étude publiée dans la revue Comptes Rendus Palevol : Évolution morphologique de l’appendice du cæcum des mammifères.

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