Mercredi, c’est Schiaparelli ! Une sonde se prépare à atterrir sur Mars après s’être séparée de son vaisseau mère (Maj en continu)

Une sonde spatiale européenne et russe va atterrir mercredi sur Mars et elle vient de se séparer de son vaisseau mère, rendant ce dernier muet pendant un court moment…

L’Agence spatiale européenne (ESA) a fait équipe avec l’agence spatiale russe Roscosmos pour réaliser la mission ExoMars, qui consiste à envoyer un vaisseau spatial qui est composé de deux parties : un satellite, le Trace Gas Orbiter (TGO) et un atterrisseur, le Schiaparelli.

Si les agences réussissent l’atterrissage, elles vont se joindre à la NASA comme étant les seules agences spatiales à avoir fait atterrir un vaisseau spatial sur Mars. Et ce ne sera que le début, l’atterrisseur va alors commencer une nouvelle quête pour rechercher des signes de vie présente ou passée sur la planète rouge.

Le planning est le suivant :

Hier, à l’approche de Mars, le vaisseau spatial ExoMars s’est séparé en deux parties : le satellite Trace Gas Orbiter (TGO) et l’atterrisseur Schiaparelli emballé dans son aérocoque, trois jours avant d’arriver sur Mars.

Représentation de la séparation du TGO (à gauche) de Schiaparelli (dans son aérocoque, à droite). (ESA)exomars-separation-tgo-schiaparelli

12 heures après la séparation, le TGO effectuera une correction de trajectoire pour éviter d’entrer dans l’atmosphère et entamera son orbite autour de Mars. Puis, le 19 octobre, l’atterrisseur Schiaparelli, confiné à l’intérieur d’une capsule (une aérocoque) va entrer dans l’atmosphère martienne à une altitude d’environ 121 km et à une vitesse de près de 21 000 kilomètres par heure. Dans les trois à quatre minutes qui suivent, il sera ralenti par la trainée atmosphérique, la partie avant de l’aérocoque supportant le plus gros de la chaleur. Une fois que la vitesse aura diminué, à environ 1700 km/h, Schiaparelli sera à 11 km au-dessus de la surface et un parachute sera déployé. Celui-ci va le ralentir à environ 250 km/h, puis la partie avant de l’aérocoque sera larguée, puis la partie arrière avec le parachute. Schiaparelli sera alors libéré de sa capsule qui l’avait protégé durant tout son périple. L’atterrisseur activera ses trois propulseurs à hydrazine pour contrôler sa vitesse. Un radar mesurera continuellement la hauteur au-dessus de la surface. A une altitude d’environ 2 m, Schiaparelli va brièvement planer avant de couper ses propulseurs, le laissant en chute libre. La vitesse d’atterrissage sera de quelques mètres par seconde, l’impact sera absorbé par une structure déformable similaire à la zone de déformation dans une voiture. L’entrée, la descente et la séquence d’atterrissage seront terminées en moins de six minutes.

Représentations de la phase d’atterrissage du Schiaparelli. (ESA / ATG Medialab)Planing-ExoMars

Aux dernières nouvelles, juste après la séparation, l’ESA a perdu la réception des données télémétriques du TGO. Petit moment d’angoisse, pour finalement récupérer la liaison et affirmer qu’actuellement “tout va bien navettes”…

L’arrivée de Schiaparelli et du Trace Gas Orbiter, mercredi, placera de plain-pied la première phase de l’ambitieux projet ExoMars de l’ESA et de Rocosmos visant à la recherche de signes de vie présente ou passée sur la planète rouge. Une deuxième mission tentera de poser une astromobile, l’ExoMars, sur la surface de Mars en 2020.

Représentation artistique de l’astromobile ExoMars sur la planète rouge (ESA)

Le Trace Gas Orbiter cherchera des dépôts de glace d’eau sur ou juste en dessous de la surface de Mars. Il étudiera également la présence de méthane dans l’atmosphère de Mars pour aider les scientifiques à savoir comment le gaz, qui peut être créé par des processus géologiques et biologiques, s’est formé. Après être entré dans l’orbite de Mars, mercredi, le TGO va commencer une longue série de manœuvres d’aérofreinages qui devrait durer jusqu’en 2017, après quoi sa mission scientifique commencera.

Le module Schiaparelli, quant à lui, est avant tout un véhicule de démonstration (prototype) pour tester la technologie d’entrée, de descente et d’atterrissage nécessaire à une arrivée  sans encombre sur la surface de Mars. Il est alimenté par des batteries internes et il est conçu pour ne durer que quelques jours.

Représentation artistique du module Schiaparelli sur Mars (ESA / ATG medialab)Schia-ExoMars

L’atterrisseur utilisera donc un bouclier thermique, un énorme parachute et des propulseurs pour atterrir dans une zone dégagée de la Meridiani Planum, une vaste région de Mars qui accueil également l’astromobile Opportunity de la NASA.
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Carte d’élévation du Meridiani Planum (Mars Express/ ESA)IDL TIFF file

Au cours de ses 6 minutes de descente, une caméra à bord du Schiaparelli prendra jusqu’à 15 photos du voyage vers Mars. La sonde contient également un ensemble d’instruments scientifiques pour surveiller l’atmosphère martienne à partir de la surface.

L’ESA diffusera l’arrivée du TGO et de Schiaparelli mercredi à partir de 15h00 (13H00 GMT). L’un des moments les plus critiques se situera aux alentours de 16h48, pour l’atterrissage.

Les responsables de l’ESA tiendront également une conférence de presse le jeudi 20 octobre à 10h00 (08H00 GMT) pour présenter des images de la caméra de descente du module Schiaparelli.

Comme votre Guru, qui n’en loupera pas une miette, vous pourrez suivre en directe ces phases de la mission sur la page Livestream de l’ESA.

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