Une plante dégage une odeur d’abeille blessée pour attirer des mouches voleuses de proies

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Des plantes mentent et un nouveau membre, de ce club des trompeuses, a été découvert : c’est une petite fleur qui dégage une odeur d’abeille blessée afin d’attirer des mouches voleuse de proie (cleptoparasites) qui les mangent.

Bon nombre de plantes attirent les insectes pollinisateurs en produisant/ exsudant des substances destinées à imiter l’odeur envoutante de partenaires potentiels ou l’arôme alléchant de la chair en décomposition.

D’autres plantes utilisent des dispositifs légèrement plus subtils. Dans le cas qui nous intéresse, les plantes de la famille Ceropegia dépendent de mouches pour la pollinisation. Leurs fleurs sont en forme de piège, donc une fois qu’une mouche s’y engouffre, elle est quasiment obligée de se frotter à tout sur les parties sexuelles de la plante afin d’y échapper. Mais pour que cela se produise, la mouche doit d’abord être attirée.

La fleur de la plante Ceropegia sandersonii. (Stefan Dötterl)ceropegia-sandersonii-16

Pour attraper une mouche, vous devez penser comme une mouche. Heureusement, la plupart de celles qui pollinisent la Ceropegia sont assez prévisibles. Elles aiment voler, s’accoupler et, surtout, voler la nourriture des autres insectes. Plutôt que de chasser par leur propre moyen, la mouche cleptoparasitique (Milichiidae) attend qu’un prédateur, comme une araignée, en attrape une, s’y pose, s’y insère et la grignote.

Image d’entête : une araignée (misumena vatia) qui a attrapé une abeille et les mouches cleptoparasitiques qui en profitent (vous pouvez voir le dard et la goutte de venin de l’abeille). (Gernot Kunz)

Les mouches pourraient surveiller les araignées jusqu’à ce qu’elles aient réalisé une prise. Mais il est beaucoup plus efficace de simplement renifler l’air pour y détecter le parfum d’une abeille en difficulté.

Une équipe de scientifiques de l’université de Salzbourg en Autriche soupçonnait que la petite fleur sud-africaine, Ceropegia sandersonii, utilisait la propre ruse des mouches contre elles.

Pour le savoir, les chercheurs ont étudié à la fois les fleurs et les abeilles. Ils ont tout d’abord remarqué que lorsqu’une abeille est capturée par une araignée, elle sort son dard, qui relâche une goutte de venin. L’équipe a analysé le venin pour découvrir qu’il contenait des phéromones de détresse/ d’alarme, qui, lorsqu’elles sont libérées, avertissent les abeilles aux alentours pour venir défendre l’individu attaqué.

Ensuite, ils ont récupéré et testé le parfum floral de la C. sandersonii, pour tenter d’y trouver des similitudes chimiques avec le venin d’abeille. Ils ont ainsi démontré que dans une tentative d’imitation chimique, la plante C. sandersonii en floraison émet ce qui semble être un attrayant appel de détresse olfactif.

Voilà, c’est un nouvel exemple fascinant de mimétisme chimique chez les plantes qui tentent d’attirer des pollinisateurs en les dupant et il y en a sans doute bien d’autres qui attendent d’être découvert.

Les chercheurs ont publié leur étude dans la revue Current Biology : Ceropegia sandersonii Mimics Attacked Honeybees to Attract Kleptoparasitic Flies for Pollination.

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