Comme les humains, l’évolution des orques est aussi dirigée par leur culture

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Les scientifiques ont appris, au cours des dernières décennies, que les humains ont eu un impact sur leur propre histoire évolutive en se livrant à certaines pratiques culturelles comme, par exemple, le fait de donner du lait de vache au bébé ce qui a, au fil du temps, permis aux humains, dans certains endroits de la Terre, de devenir tolérants au lactose. Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont trouvé des preuves qui suggèrent que les épaulards ont suivi une voie similaire.

Image d’entête : une famille d’épaulards photographiés par un drone pour permettre leur identification. (NOAA)

Une équipe internationale de chercheurs a découvert que les groupes d’épaulards ont évolué pour devenir génétiquement distincts les uns des autres. Dans leur étude, l’équipe décrit comment ils ont obtenu des échantillons de tissus de 50 orques de différents groupes à travers le globe dont ils ont séquencé les génomes et ils détaillent ce qu’ils ont trouvé dans la comparaison des résultats d’un groupe à l’autre.

En étudiant leurs génomes, les chercheurs ont découvert qu’ils pouvaient les classer en cinq groupes distincts, que l’équipe appelle cultures. Au fil du temps, chaque culture a évolué une capacité à vivre dans une partie particulière d’un océan donné par la capture de poisson, par exemple, ou de manchots…

Image tirée de l’étude : les différentes zones d’échantillonnage et de photographies illustrant, dans les encarts, les proies préférées de chaque groupe codées par couleur et par écotype : “Transient” (bleu) et le type B1 (violet) sont principalement des mangeurs de mammifères; “Resident” (marron) et le type C (orange) sont principalement des mangeurs de poissons; le Type B2 (vert) s’attaque aux manchots. La carte est superposée sur une grille de couleur des températures de surface (SST). (Andrew D. Foote et col. / Nature Communications)

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Bien qu’ils aient tous évolué à partir d’un seul ancêtre, ils ont commencé à se séparer il y a environ 200 000 ans et maintenant chaque culture a ses propres petites différences génétiques. Les chercheurs suggèrent qu’elles sont en partie basées sur la culture parce que les épaulards ont transmis des techniques de survie à leurs petits, des techniques qui influencent si fortement les groupes qu’elles sont devenues une partie de leur ADN.

Les chercheurs soulignent que le processus est similaire à celui des humains, ce qui ne semble pas être une coïncidence. Les deux espèces habitent dans différentes zones à travers le globe, les orques vivent dans tous les océans, les humains vivent sur tous les continents. En outre, les deux espèces fournissent un soutien parental pendant des décennies et ils ont la même durée de vie. Cependant, l’équipe croit que c’est l’ampleur du territoire occupé qui a engendré de telles différences entre les cultures, les différents groupes ont appris au cours de centaines d’années la meilleure façon de survivre dans un nouvel endroit.

En étudiant les données du génome, les chercheurs ont découvert qu’il semble probable qu’à l’origine les orques vivaient dans un seul endroit, mais au fil du temps, certains individus se sont aventurés plus loin et ont réussi à survivre. Ces individus robustes ont à leur tour transmis les compétences nécessaires à leur progéniture permettant le développement d’un nouveau groupe et pour entrainer, après de nombreuses années, le développement d’un groupe génétiquement différent.

L’étude publiée dans la revue Nature Communications : Genome-culture coevolution promotes rapid divergence of killer whale ecotypes.

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