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Alors que la Terre sera grillée par le Soleil, certaines de nos lunes glacées deviendront habitables

17 Mai 2016 | 5 commentaires

Comparaison-soleil-géante rouge

La possibilité de trouver un semblant de vie, qu’elle soit intelligente ou microbienne, ressemble actuellement à une montagne russe d’émotions.

Récemment, par exemple, autant on nous a fait saliver avec une hypothétique “mégastructure extraterrestre”  autour d’une lointaine étoile ou encore avec toutes les planètes récemment dévoilées par Kepler, que dans le même temps, une équipe d’astronomes va essayer de nous convaincre que nous ne trouverons jamais d’extraterrestres parce qu’ils sont déjà morts… s’ils avaient existé. Et le Guru ne vous a cité que les plus récents exemples, sans parler du paradoxe de Fermi qui continue de planer sur nos têtes…

Cette semaine, ce sont des astronomes de l’université Cornell, à New York, qui font de nouveau pencher la balance, avec des simulations qui suggèrent que lorsque les étoiles géantes, comme notre Soleil, commencent à mourir, grossissant pour faire des centaines de fois leur taille d’origine, elles pourraient réchauffer les planètes glacées et les transformer en des mondes habitables idéaux pour la vie.

Selon un membre de l’équipe, M. Ramses Ramirez de l’Institut Carl Sagan, à l’université Cornell :

Quand une étoile vieillit et s’éclaircit, la zone habitable se déplace vers l’extérieur et cela donne un second souffle à un système planétaire.

Ce n’est pas parce que les lunes de Jupiter et Saturne sont des mondes stériles et glaciaux actuellement, qu’elles ne deviendront pas des paradis tempérés dans 5 milliards d’années, quand le Soleil commencera à se diriger vers la fin.

Et ça tombe bien parce que, dans le même temps, la Terre deviendra un véritable enfer et si l’humain subsiste suffisamment (c’est mal parti !) il pourrait prévoir de s’installer sur ces nouveaux ilots cosmiques (on tombe un peu dans la science-fiction…).

Image d’entête : comparaison du Soleil maintenant (un petit point) et lorsqu’il sera devenu une géante rouge, carbonisant jusqu’à la Terre. Cette dernière, avec Vénus et Mercure, s’éloigneront / seront repoussées par le Soleil dans le processus (Carl Sagan Institute)

Selon Kaltenegger et son équipe, quand notre Soleil commencera à gonfler en une géante rouge, la zone habitable de notre système solaire se déplacera de la zone dans laquelle orbite la Terre, pour y inclure les orbites de Jupiter et de Saturne à la place.

Comparaison dans les deux images ci-dessous du système solaire et la position changeante de la zone habitable en fonction de l’âge du Soleil. Clic pour agrandir (Carl Sagan Institute )
Zones_Habitables_Soleil temps

Et alors qu’aucune de ces planètes ne serait particulièrement adaptée pour accueillir la vie, avec Jupiter ne présentant que de l’eau dans ses nuages et Saturne étant entièrement constituée de gaz, leurs lunes pourraient devenir l’endroit idéal pour le développement d’une vie primitive dès que les températures commenceront à grimper.

On sait que certains écosystèmes microbiens peuvent prospérer à 800 mètres dans les lacs sous-glaciaires congelés à l’ouest de l’Antarctique. Ainsi des organismes simples pourraient s’installer sous les épaisses couches de glace de la lune de Saturne Encelade (actuellement -198 °C ) et de la lune de Jupiter, Europe (-160 °C ). Certains pensent qu’ils pourraient déjà s’y trouver.

Bien sûr, dans notre système solaire, ces changements ne se produiront pas avant des milliards d’années… Mais, en attendant, cette nouvelle donnée élargit le champ de recherche pour la vie dans l’univers. Cette recherche suggère également qu’ailleurs dans notre Univers, dans un système solaire où le soleil a atteint les derniers stades de sa vie, des mondes gelés pourraient être portés à la vie.

L’équipe souligne que lorsque les astronomes tentent de déterminer, parmi des milliers de (exo)planètes hors de notre système solaire, celles qui sont potentiellement habitables, ils observent habituellement les étoiles d’âge moyen à proximité, ressemblant à notre Soleil. Mais ce que cette recherche suggère, est qu’ils doivent également se pencher sur les systèmes qui contiennent de vieilles étoiles mourantes (géante rouge), où la zone habitable a changé.

Selon Ramirez :

Pour les étoiles semblables à notre Soleil, mais plus âgées, ces planètes décongelées pourraient rester au chaud pendant un demi-milliard d’années. C’est beaucoup de temps.

Ainsi, l’équipe a déjà identifié 23 étoiles géantes rouges à moins de 100 années-lumière de la Terre, qui pourrait être en train de chauffer de nouveaux habitats pour la vie.

Et même si l’humain n’a pas l’occasion/ le temps de pouvoir profiter de cette “décongélation cosmique”, l’idée même que la vie est encore une chance de se développer des milliards d’années après notre disparition, vous plonge subtilement dans une profonde méditation…

Selon Kaltenegger :

Dans un avenir lointain, ces mondes pourraient devenir habitables autour de petits soleils rouge pendant des milliards d’années, peut-être même de commencer la vie, tout comme la Terre. Cela me rend très optimiste pour les chances de vie à long terme.

L’étude publiée dans The Astrophysical Journal : The Habitable Zones of Pre-Main-Sequence Stars et annoncée sur le site du Carl Sagan Institute : Hunting for hidden life on worlds orbiting old, red stars.

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