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Sans côtoyer notre espèce, des oiseaux ont appris à attaquer les mauvais humains

30 Mar 2016 | 0 commentaires

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Les oiseaux de mer des rives de l’antarctique nord, appelés labbes (Stercorarius antarcticus), sont si intelligents qu’ils peuvent reconnaitre les humains individuellement après les avoir vus que quelques fois. Des chercheurs coréens ont découvert cela en tripotant les nids des oiseaux et en attendant d’être attaqués.

Image d’entête : un labbe attaquant un visiteur trop près de son nid (Ashley Perrin)

L’étude a eu lieu sur l’île King George, en Antarctique. Les animaux ici n’ont pas évolué avec la présence des humains. Ces derniers n’ont fait que de courte apparition sur leur territoire depuis les années 1950. Aujourd’hui, 10 pays disposent de stations de recherche sur l’île. Le Korea Polar Research Institute du scientifique Won Young Lee et ses collègues étudie les labbes antarctiques, qui ressemblent à de grands goélands, de couleur foncée. Pendant l’hiver 2014-2015, les chercheurs ont visité leurs nids une fois par semaine pour vérifier leurs œufs et les poussins. Vue le mécontentement des volatiles, lorsque les humains trituraient leurs nids, les chercheurs soupçonnaient que les oiseaux pouvaient les reconnaitre et quand un labbe veut que vous partiez, il n’hésitera pas à attaquer votre tête.

Ainsi, les chercheurs ont mis en place une expérience. À partir de la quatrième semaine de leur étude, deux groupes de deux chercheurs ont visité chaque nid. L’un d’eux, le groupe des “intrus”, avait déjà vérifié les nids dans les semaines précédentes. L’autre, les chercheurs “neutres”, ne s’étaient jamais rendus au nid auparavant. Alors qu’ils approchaient du nid, les chercheurs ont enregistré à quelle distance ils pouvaient s’en rapprocher avant de se faire attaquer. Puis ils se sont séparés et ont marché dans des directions opposées, en observant après quelle personne les oiseaux en avaient.

Vidéo tirée de l’étude, la phase de l’expérience décrite ci-dessus (Lee et col./ Animal Cognition)

Au fil des semaines, les labbes ont attaqué de plus en plus loin. Les sept couples nicheurs ont dirigé leurs attaques contre les intrus connus, quelle que soit leur tenue. Les oiseaux « ont réagi de façon très agressive » après cinq visites, écrivent les auteurs, en donnant aux intrus des coups de patte dans la tête. Ils ont ignoré les humains neutres.

Même si les de chercheurs portaient des vêtements identiques pour leurs expériences, les labbes n’ont eu aucune difficulté à repérer ceux qui avaient tripoté leurs nids dans le passé. Les chercheurs ne pensent pas que les oiseaux utilisent l’odorat pour faire la distinction, car le site est très venteux. Ils comptent, plus probablement, sur les traits du visage de l’homme et les postures de son corps.

Si nous mettons de côtés les corneilles et autres corvidés, qui ont appris à nous reconnaitre, ce cas de figure est particulièrement impressionnant, car ces oiseaux ont évolué sans jamais voir un être humain. Il n’y a aucune raison qu’ils disposent d’une capacité naturelle à nous reconnaitre. Deux autres espèces d’oiseaux locales, les chionis et les sternes antarctiques, ne semblent pas faire de différence entre les humains.

Les scientifiques estiment qu’ils profitent de « hautes capacités cognitives”. En d’autres termes, ils pourraient être particulièrement intelligents. C’est logique; ces oiseaux sont des prédateurs qui doivent être flexibles pour trouver leurs proies. Les labbes antarctiques ont été observés chasser d’autres grands oiseaux et voler leur nourriture. Ils vont même jusqu’à subtiliser les gouttes de lait maternel d’éléphants de mer.

L’étude publiée dans Animal cognition : Antarctic skuas recognize individual humans.

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