Fourmis boxeuses : 40 coups à la seconde !

fourmis boxeuses

Pour régler un problème de répartition des tâches, des fourmis pratiquent la boxe et quand la cloche sonne, elles peuvent déclencher une rafale de coups en un clin d’œil.

Une nouvelle étude, de chercheurs de l’université de l’Illinois et de l’université d’État de Caroline du Nord (Etats-Unis), a utilisé des vidéos au ralenti pour observer des fourmis ouvrières du genre Odontomachus s’affronter dans des matchs de boxe à antennes. Ces fourmis communiquent via phéromones, mais quand il est temps de se partager les tâches, les négociations pacifiques sont mises de côtés.

Ces rapides coups d’antennes, appelés antennations rapides, déterminent quelles fourmis devront effectuer les plus ingrates des tâches pour le bien de la colonie. Les chercheurs connaissaient ces prises de bec, mais personne n’avait mesuré la rapidité de l’antennation.

Dirigée par l’entomologiste Sean O’Fallon de l’université de l’Illinois, l’équipe de recherche a observé quatre espèces de fourmis Odontomachus pour mesurer la rapidité avec laquelle elles s’échangeaient des coups. La plus lente et la plus grande des quatre espèces, l’Odontomachus Rixos, a infligé 19,5 coups par seconde. Le titre de la boxeuse segmentée la plus rapide dans l’étude revient à l’Odontomachus brunneus, une espèce de fourmis trouvées dans le sud des États-Unis et dans certaines parties de l’Amérique centrale, qui peuvent délivrer 41,5 frappes par seconde.

Odontomachus brunneus, championne de boxe (Adrian Smith)Odontomachus-boxe

L’agression socialisée fait partie intégrante de la vie de nombreux animaux, des lions en compétition pour le contrôle d’une proie au wapiti qui se disputent les partenaires. Ces conflits contribuent à former une hiérarchie naturelle qui favorise les membres les plus forts d’un groupe, augmentant sa condition physique générale au fil du temps.

De l’extérieur, les colonies de fourmis peuvent sembler chaotiques, mais elles sont régies par un ordre social strict. Les fourmis sont eusociales, ce qui signifie que les membres de la colonie sont destinés à réaliser des tâches spécifiques. Dans le cas des fourmis Odontomachus, le statut est conféré en fonction de leur capacité à boxer. Les champions restent à la maison pour soigner la colonie, tandis que les perdants doivent s’aventurer à l’extérieur pour collecter de la nourriture.

Ces fourmis sont également remarquables par une autre adaptation bien visible : leurs grandes mandibules. Au repos, les fourmis gardent leurs mandibules bloquées en position ouverte, mais elles peuvent les fermer en un instant pour tuer des proies ou couper des objets. Elles peuvent même utiliser leurs puissantes mâchoires pour effectuer un saut périlleux arrière pour échapper au danger (ce qu’elles font aussi désormais vers l’avant, avec leurs pattes).

Au cours des matchs de boxe, les fourmis n’utilisent pas leurs puissantes mâchoires; la finalité de l’affrontement est la dominance sociale, pas d’infligé un préjudice physique à un membre de sa colonie. Et en l’absence de tout type d’arbitrage, elles vont continuer à lutter jusqu’à ce qu’une fourmi admet la défaite et décide que la recherche de nourriture est une meilleure option que de se prendre 40 uppercuts d’antenne par secondes.

Présentation de la découverte :

L’équipe a publié ses conclusions ce mois-ci dans la revue insectes sociaux : A comparative analysis of rapid antennation behavior in four species of Odontomachus trap-jaw ants.

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Une réponse à “Fourmis boxeuses : 40 coups à la seconde !”

  1. Noki
    15 février 2016 at 17 h 36 min #

    Ô grand Guru, voilà encore une fois un article comme on les aime !

    Une légère coquille sûrement dûe à une anomalie gravitationnelle s’est cependant immiscée dans le dernier paragraphe : « infligé » devrait normalement être à l’infinitif.

    Merci pour vos efforts, ce site est une merveille !

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