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Voici une conversation qui a vraiment eu lieu, elle a été enregistrée par des scientifiques français (CNRS) pour une étude récemment publiée :

Le patient : Bonsoir. J’appel car j’ai fait une petite erreur…. je pensais que c’était un cookie et …
Le Médecin: … vous avez mangé un morceau d’une tablette pour lave-vaisselle n’est-ce pas ?
Le patient: Oui. Je regardais un match à la télé et je voulais manger quelque chose, ma femme est si intelligente… elle l’a mis avec les cookies que nous achetons pour nos petits-enfants.

Oui, quand le patient réalise qu’il s’est trompé, il rejette souvent, naturellement, la faute sur le conjoint…

Les chercheurs ont ainsi enregistré plus de 30 000 appels téléphoniques destinés au Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Marseille sur une période de 14 mois afin de déterminer pourquoi les gens consomment accidentellement des produits chimiques ménagers comme des solutions de nettoyage ou des produits d’hygiène personnelle.

Voici un autre exemple de ces enregistrements :

Le patient : J’appelle parce que, en fait, vous allez rire, mais j’ai confondu un tube de gel pour les cheveux avec un pot de mayonnaise.

Les chercheurs ont constaté, lors de l’examen des appels, que les personnes avaient l’habitude de se plaindre que le produit non-alimentaire, mangé à tort, ressemblait ou sentait un peu comme le véritable aliment. À la lumière du lien commun entre les anecdotes, ils ont prévu une expérience. Des sujets seraient introduits à l’intérieur d’un scanner IRMf et il leur serait présenté quatre produits réels, deux alimentaires et deux non-alimentaires. Ainsi faits, les chercheurs ont observé l’activité cérébrale des sujets pour y repérer les inférences gustatives, des modèles centrés dans le cortex orbitofrontal, le gyrus fusiforme et le cortex insulaire qui apparaissent sur l’écran des chercheurs lors de la visualisation (par les sujets) d’aliments appétissants.

Quatorze sujets ont participé à l’expérience. Les chercheurs du CNRS ont découvert des signes clairs d’inférences gustatives lorsque les sujets ont regardé le “Cottage Happy Shower Tequila Sunrise” (image f ci-dessous), un gel douche qui ressemble un peu, visiblement, à une boisson que vous commandez lors d’hypothétiques vacances à Cancún et elle dispose même d’un goulot “push-pull” comme ceux que l’on trouve sur les bouteilles pour sportif, en facilitant son ouverture et sa consommation.

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Mais en dépit de son emballage tentant et de son appétissante odeur, vous ne voulez pas boire le “Cottage Happy Shower Tequila Sunrise”. Il vous rendra certainement malade. Pourtant, c’est exactement ce qu’a fait au moins une femme de 41 ans, saine d’esprit, tout à fait par accident.

Compte tenu de leurs résultats, les chercheurs blâment partiellement les stratégies marketing destinées à délibérément déguiser des produits non-alimentaires en nourriture. Ils suggèrent que les similitudes trompent notre cerveau et selon eux :

La conséquence d’une métaphore alimentaire appliquée à un produit d’hygiène est que les inférences gustatives implicites peuvent être trouvées dans le cerveau des consommateurs. Ces inférences participent certainement à l’ingestion accidentelle d’un produit d’hygiène.

L’étude publiée dans la revue PLoS ONE : Why People Drink Shampoo? Food Imitating Products Are Fooling Brains and Endangering Consumers for Marketing Purposes.

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