Mosh Pit : la physique des frénétiques métalleux

Mosh-pit

Le style de danse privilégié des fans de métal est appelé le Mosh et implique surtout des corps qui se percutent les uns les autres (les moshers moshing pour former un mosh-pit). Un groupe de chercheurs dirigé par Jesse Silverberg de l’Université Cornell, à New York, s’est demandé si les lois mathématiques qui décrivent le comportement de groupe dans les nuées d’oiseaux ou les bancs de poissons pourraient s’appliquer aussi aux moshers.

Ils ont donc pris sur eux d’analyser la physique des Mosh Pits, à partir de vidéos YouTube et en utilisant un logiciel conçu pour ressembler à la physique des particules. Ce qu’ils ont trouvé était déroutant : la distribution statistique des vitesses de divers moshers correspondait à celle des particules qui se déplacent librement dans un gaz.

L’équipe s’est servi de leur conclusion pour créer un simulateur de Mosh, disponible gratuitement en ligne, ce qui permet aux utilisateurs de manipuler des paramètres tels que la “dureté des sphères," la force du troupeau / foule","les bruits/perturbations aléatoires” pour imiter les effets des inébriants (produisant l’ivresse) que les participants utilisent typiquement, affirme le chercheur Matthew Bierbaum.

Simulateur-Mosh-pit

Et la simulation semble être exacte : en manipulant simplement les paramètres, les scientifiques sont capables de recréer à la fois les Pit (fosses/noyaux) traditionnelles et en “cercles” (comme ci-dessous).

cercle-Mosh pit

Lorsque le système est poussé à ses extrêmes, les moshers virtuels s’engagent dans des comportements jusque-là non observés, comme une course frénétique à travers la foule, ce qui pose la question : est-ce une forme avant-gardiste d’un réel moshing métalleux qu’ils n’ont tout simplement pas encore découvert ?

Au-delà de ces simples conclusions, l’étude peut également aider la recherche sur la façon dont les gens se comportent quand une situation de chaos est moins contrôlée. Et mieux les chercheurs comprendront cela, plus facile sera la mise en place d’itinéraires d’évacuation optimisés qui pourraient sauver des vies en cas d’urgence.

Selon les chercheurs :

Lors de tremblements de terre ou d’incendie dans des bâtiments, les gens ont tendance à paniquer quand ils s’échappent. Nous avons une bonne façon de voir expérimentalement ce qui se passe. En allant à ces concerts de heavy metal, nous sommes en mesure d’observer en toute sécurité et de façon éthique la manière dont les humains se comportent dans ces états d’excitations inhabituelles.

L’étude publiée sur Cornell arXiv : Collective Motion of Moshers at Heavy Metal Concerts.

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Une réponse à “Mosh Pit : la physique des frénétiques métalleux”

  1. profdescience
    19 février 2013 at 14 h 46 min #

    L’anarchie et le chaos shématisés… Nous sommes loin de l’effet papillon.
    Slayer !

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