Une dose d’ultrasons sur les testicules peut stopper la production de spermatozoïdes, réduisant le nombre global de spermatozoïdes à un niveau qui rendrait les mâles infertiles, selon une nouvelle étude sur les rats. Des études complémentaires sont encore nécessaires pour tester combien de temps dure cette nouvelle méthode de contraception, et si l’infertilité peut être inversées. Mais pour les chercheurs qui étudient les testicules chez le rat et le singe, les premiers résultats sont assez satisfaisants.
Image d’entête : 11éme prix du concours Small Worl de Nikon : Albert Tousson, Université d’Alabama États-Unis. Spécimen : spermatozoïde humain 1500x. Technique : Fluorescence.
Des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord (école de médecine) ont fait tourner des transducteurs à ultrasons à haute fréquence autour des testicules de rats. Ils ont mis les testicules de l’animal dans une tasse pleine de solutions salines pour fournir une meilleure conduction entre le transducteur et la peau. Puis ils ont mesuré le nombre de spermatozoïdes des animaux, pour constater leur diminution. Après plusieurs essais, les scientifiques dirigées par James Tsuruta ont trouvé que la “thérapie” idéal était de deux séances de 15 minutes, sur deux jours, qui conduirait ainsi à une réduction spectaculaire de sperme.
Tout cela était assez prometteur, donc la fondation qui a financé l’étude chez le rat a commandé une seconde étude chez le singe. Des chercheurs de l’Université de Californie ont trouvé que trois séances de 30 minutes pendant deux jours réduisaient le nombre de spermatozoïdes pendant six semaines.
Ci-contre : le Testicular Sonicator, l’appareil à ultrason utilisé sur les testicules de souris, lors d’une étude sur la contraception masculine.
La responsable de l’étude, Catherine VandeVoort évoque les amusantes difficultés spécifiques aux tests :
Les singes ne semblaient pas penser au traitement, mais nous avons eu des moments difficiles avec celui-ci. Trente minutes de traitement trois fois par semaine, c’est beaucoup de massage de testicules de singe. Nous nous sentions assez ridicules, et cela n’a pas aidé lorsque les techniciens venaient faire un tour et me demandait quel genre de recherches nous pratiquions. Nous avons été soulagés quand nous avons finalement vu un effet,
a-t-elle dit, dans un communiqué de presse du Male Contraception Information Project.
Les scientifiques ont d’abord étudié l’échographie pour la contraception dans les années 1970, la testant sur des rats, des singes, des chiens et des hommes. Mais d’autres chercheurs qui ont ensuite essayé de reproduire ces résultats étaient perplexe, et certains spécialistes de la santé reproductive l’ont rejeté brutalement. La thérapie par ultrasons patienta pendant plusieurs années avant que Tsuruta et d’autres, se remirent à travailler dessus.
Ci-dessous : Testicule traité et non traité aux ultrasons, celui-ci est composé de nombreux tubes appelés tubes séminifères. Les tubules séminifères sur la gauche sont d’un testicule qui n’a pas été traitée aux ultrasons, tandis que le tubule sur la droite appartient à un testicule qui a été traitée aux ultrasons. Le tubule traité ne contient plus de spermatozoïdes et a perdu presque toutes les cellules germinales immatures, en diminuant son diamètre globale tout en augmentant considérablement la quantité d’espace “vide” au centre du tubule. (James Tsuruta et Paul Dayton)
Davantage d’études devront être effectuées pour s’assurer que c’est une méthode contraceptive sure. Il y a des préoccupations au sujet de la durée du traitement et il pourrait y avoir des effets sexuels négatifs. Le sperme qui réapparaitrait pourrait être endommagé, ce qui pourrait avoir des répercussions sur le développement de l’embryon après la fécondation, selon d’autres chercheurs.
L’étude chez le rat a été publiée lundi dans The journal Reproductive Biology and Endocrinology: Therapeutic ultrasound as a potential male contraceptive: power, frequency and temperature required to deplete rat testes of meiotic cells and epididymides of sperm determined using a commercially available system.






