Comment l’oiseau jardinier se fait passer pour plus grand que ce qu’il n’est !

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Je continue sur les manipulations visuelles, après mon précédent article « L’illusion optique d’une petite fille qui fait ralentir les chauffards. » selon une étude récente, il n’y a pas que les hommes qui utilisent ces techniques pour tromper ou attirer l’attention. Une espèce de passereau endémique d’Australie utilise les mêmes procédés pour tromper les femelles sur la taille réelle de leur arche d’amour, les faisant passer ainsi pour plus grands que ce qu’ils ne sont en réalité.

Le Jardinier à nuque rose est connu pour ses constructions élaborées, destinées à attirer le regard des femelles qui croiseraient leur “château de paille”. Pour attirer leur futur partenaire, les mâles de chacune de ces 20 espèces de passereau construisent une structure complexe appelée écrin ou arche, dont il la décore avec des objets spécifiquement sélectionnés. Certaines espèces y incorporent tout un tas de babioles bleues, d’autres y déposent un méli-mélo de fleurs, fruits, coquilles d’insectes et autre… Entouré par ces bibelots, le mâle effectue une danse complexe devant les femelles qui jugent de son talent de constructeur et de décorateur.

En vidéo, la construction de “l’arche d’amour” :

Les chercheurs ont déterminé récemment, que les mâles de cette espèce rusée, mettent en place des structures qui ressemblent plus ou moins à ce qu’ils sont réellement, plaçant ces animaux comme étant les seuls connus à crée des perspectives visuelles modifiées pour tromper les femelles à la recherche de partenaire.

Endler, un professeur d’écologie et d’évolution sensorielle à l’Université Deakin et ses collègues, Lorna Endler et Natalie Doerr, ont étudié le Jardinier à nuque rose dans le Queensland, en Australie.

« Le Jardinier à nuque rose utilise, sans doute, l’illusion d’optique  bien avant l’homme » selon l’auteur principal John Endler. « L’homme n’a commencé à utiliser ces techniques qu’à partir du 15e siècle. »
Chaque arche se compose d’une avenue, de deux rangées de bâtons serrés avec un plancher de branchage qui s’ouvre sur une cour. La Cour fonctionne comme une scène ou le mâle effectuera sa danse.
 

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L’avenue oblige les femelles à ne la voir que sous un certain angle. Le mal dispose précautionneusement des cailloux, des os et des coquillages sur l’allée, de telles façons que la taille absolue de ces objets augmente avec la distance à partir de son entrée.

Cette architecture conduit la femelle à percevoir cette allée plus petite qu’elle n’est en réalité, rendant le mâle qui se place au centre plus grand que ce qu’il n’est.
Le mâle essaie alors d’impressionner la femelle avec une chorégraphie, il se pavane en arborant sa magnifique nuque rose en lui présentant différents objets collectés précédemment.

Si la femelle est impressionnée, elle s’accouplera, directement sur place.

Vidéo : la parade du mâle en bleu, espèce de passereau différente de celui à nuque rose, mais avec le même comportement (la femelle au centre de l’écrin), de plus le mâle est capable d’imiter les bruits de la forets (animaux, insecte, etc.)

Pour leur étude, publiés dans Current Biology, Endler et son équipe ont réarrangé les cailloux et les autres objets : «Lorsque nous avons inversé la pente, en mettant les petits objets plus loin et de plus grands objets près de l’avenue, les oiseaux les replacent pour reformer la perspective en trois jours”.

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À l’avenir, Endler et d’autres chercheurs ont l’espoir de constater si tous ses efforts de construction sont liés au succès de leur reproduction et si d’autres animaux pourraient utiliser ce type de méthode pour attirer leurs congénères.Laisser commentaire Gurumed

 

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